Vous mangerez sur place ou à emporter ?

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Vous mangerez sur place ou à emporter ?

En alimentaire comme dans bien d’autres domaines, les vieilles certitudes sont mises à mal de nos jours. En témoigne la restauration nomade, longtemps confondue avec le fast-food, donc étiquetée malbouffe, qui, en Ile-de-France, vise désormais la qualité et la fraîcheur...

L’innovation à la rue ?
Ces dernières années, sont apparus dans le vocabulaire culinaire autant de termes « so english », qu’on en reste perplexe. Pour revenir au goût du jour, il faut ainsi bien comprendre que la street food comprend la façon de consommer « vite », et « bon marché » : sandwich, paninis, pizzas…autant de façons de manger sur le pouce, grâce à des marchands ambulants. Un phénomène qui permet à tout un chacun de déguster un déjeuner de qualité tout en marchant.

Depuis toujours, les USA sont le pays du food truck : ces camions itinérants, souvent portés par les réseaux sociaux, vont au-devant de leurs clients en leur proposant une cuisine simple – hamburgers, hotdogs, recettes mexicaines ou coréennes – mais aussi, de plus en plus, bio. Chez nous, hormis quelques friteries nordistes et autres camions à pizza, la tradition avait disparu. Rien d’étonnant dès lors à ce que le premier camion français ait été créé, en 2011, par une Américaine : Kristin Fréderick et son « Camion qui fume ».
 
Pour autant, ce mode de consommation ne date pas d’hier. L’œuf dur et le croque-monsieur consommés au comptoir d’une brasserie ne sont-ils pas les ancêtres de la restauration nomade ?
Et chez nos voisins espagnols, qu’en dira-t-on de ces indémodables tapas, grignotés autour d’un verre ?   
Ce phénomène de société, dans laquelle chacun est pressé mais souhaite préserver les bienfaits précieux d’un déjeuner, connait un véritable regain d’intérêt. Ce n’est pas qu’il est nouveau, non, c’est surtout qu’il est en ce moment ancré au cœur d’une tendance actuelle. Pour le plaisir de la gastronomie. Et le nôtre.

L’essor rapide du phénomène est stupéfiant et la tendance est bel et bien au renforcement du phénomène puisqu’on estime à 10 à 15 000 emplois supplémentaires annuels le potentiel de ce secteur. Si la volonté politique de faciliter cette nouvelle activité porteuse d’emplois suit, ce sont plutôt 50 000 nouveaux emplois qu’il faudra envisager dans les deux ans...

Les consommateurs veulent tout
Ce succès n’est pas le fait du hasard. Il reflète au contraire une demande croissante. Un sondage réalisé en 2012 par l’association « Street Food en mouvement » révèle que 82 % des consommateurs souhaitent voir un développement de l’offre « restauration à emporter » et 94 % sont prêts à acheter de la nourriture préparée/ vendue dans un véhicule mobile.
Ils sont certes guidés par l’impératif financier – dans la rue, la cuisine est bien moins chère –, mais pas seulement. L’aspect pratique compte aussi, tout comme, l’équilibre et la saveur. De plus en plus nombreux sont ceux qui pensent que la cuisine de rue peut être une vraie alternative à la malbouffe.
Elle s’inscrit d’ailleurs dans un mouvement plus large : à côté des camions ou autres triporteurs surgissent, toujours plus nombreux, des comptoirs de vente à emporter – certains mêmes créés par des restaurateurs traditionnels qui diversifient ainsi leur offre.
 
Les initiatives franciliennes des chefs « Des Produits d’ici, cuisinés ici »

  En Ile-de-France, les nouveaux concepts ne manquent pas ! Nos chefs labellisés « Des produits d’ici, cuisinés ici » en sont les premiers initiateurs, avec par exemple François Pasteau, chef de l’Epi Dupin, qui a lancé l’Epi Malin à deux pas de son restaurant. L’idée, toute simple, permet aux clients pressés de profiter de la cuisine raffinée du chef. Une « cuisine bistronomique, à portée de mains », comme aime le préciser le chef talentueux.

De son côté, le chef du Terroir Parisien, Yannick Alleno propose dans son établissement un « bar à rillettes », et des sacs apéritifs qu’il est possible d’emporter. Une idée également originale, qui répond à cette demande de mobilité des consommateurs, sans pour autant lésiner sur un service de qualité !  

Avec le CERVIA, la Région accompagne ce mouvement pour sécuriser son développement. Au Salon International de l’Agriculture, la présence du camion « Mangeons Local en Île-de- France » en est le témoin. Et, juste après, la création programmée d’une toute nouvelle charte dédiée à la cuisine de rue. À suivre !