Retour sur les halles centrales de Paris, ces poumons en plein cœur de la capitale

Imprimer

Retour sur les halles centrales de Paris, ces poumons en plein cœur de la capitale

Mentionner les Halles centrales de Paris, c’est replonger dans les rues piétonnes et bondées du cœur de la capitale. C’est se retrouver dans une ambiance pittoresque et bigarrée, avec ces paysannes engoncées dans les tenues d’une époque plus rurale, vendant fruits et légumes à foison, sur des étals bien garnis.

Tout commence en 1108, lorsque Louis VI ordonne la création d’un premier marché dans l’actuel 2ème arrondissement de Paris. Mais c’est véritablement en 1183 qu’est prononcé le terme de « halles », désignant le marché couvert mis en place par Philippe Auguste. C’est en plein centre de la capitale, à deux pas de l’église Saint-Eustache, que va s’installer progressivement le plus grand marché de l’hexagone.               

De cette date s’ensuivent de nombreux travaux d’agrandissement et de réaménagement successifs, dont les plus importants furent établis sous le règne de Napoléon III. En1853, Napoléon III et le Préfet Haussmann confient la reconstruction des halles pour des raisons évidentes d’hygiène et de circulation. Le travail de Baltard est alors faramineux, puisqu’il confectionne, en l’espace de 15 ans, dix des douze pavillons prévus. D’une superficie dix fois plus importante qu’auparavant, les halles centrales arborent une architecture nouvelle, sous forme arrondie de parapluie de verre et de fonte, permettant de protéger les chalandises, tout en laissant entrer la lumière naturelle. Une véritable œuvre d’art à l’époque, preuve d’une architecture moderne signée d’une main de maitre par Victor Baltard.

Cette signature architecturale annonce le renouveau des poumons de Paris       

Imaginez plutôt : les halles de Paris, situées en plein cœur de la capitale, permettent l’approvisionnement alimentaire des Parisiens et des alentours. « L’objectif, qu’aimaient rappeler certains, était de réunir en une nuit ce qui demain nourrirait tout Paris. »      

Cet immense marché à ciel ouvert, principale source d’approvisionnement de la capitale à l’époque, est animé au rythme effréné des producteurs exclusivement franciliens, qui viennent chaque jour vendre leur production agricole. Et puisque les places sont attribuées selon la règle du « premier arrivé, premier servi », c’est dès 22h la veille, et pour la plupart vers 3h du matin que les producteurs arrivent. Autant dire que les va-et-vient ne cessent jamais, quelle que soit l’heure du jour et de la nuit, dans la cacophonie du trafic intense, et des cris des marchands.
Les Halles centrales de Paris furent, jusqu’en 1969, ce lieu si singulier de vie, d’échange et de commerce par excellence, dans lequel les chalands se pressaient pour faire leur emplettes, les producteurs se connaissaient, et les badauds nocturnes, souvent enivrés, venaient chercher un petit quelque chose à se mettre sous la dent : et rien n’était telle que l’emblématique soupe à l’oignon.
 

Une ère de transition
Napoléon III aimait décrire les halles comme le « Louvre du peuple ». Un Louvre qui a inspiré des années durant moult artistes et écrivains, comme le célèbre Emile Zola, qui réalisa un ouvrage complet intitulé « Le ventre de Paris ». Une inspiration d’un lieu si apprécié, familier de tous, bien que saturé et difficilement accessible.
C’est de ce constat de saturation, de plus en plus affligeant, qu’a été décidé de faire migrer les halles de Paris, en dehors de la capitale. Le quartier central, devenant totalement engorgé, ne répondait alors plus à la demande grandissante, et parallèlement aux exigences accrues d’hygiène et de sécurité alimentaire. Pour toutes ces raisons, Michel Debré décida en 1959 de stopper l’approvisionnement au cœur de Paris, et le chantier du Marché International de Rungis fut lancé en 1965.

Le 28 février 1969, c’est un déménagement pharaonique qui marqua la fin des halles centrales de Paris, avec un cortège de 1 500 camions, regroupant 5 000 tonnes de marchandises et près de 20 000 personnes, pour s’installer sur l’actuel Marché International de Rungis.
Et puisque le Marché International de Rungis est un acteur majeur de la grande distribution de nos jours, il fera l’objet d’un prochain article, dans lequel il sera passé au crible.

Aujourd'hui...

Aujourd'hui, le Marché International de Rungis est devenue une plateforme centrale et incontournable de l'alimentaire. Plus d' 1 372 000 tonnes de marchandises y transitent chaque année! C'est aussi le lieu dans lequel se rencontrent 6 millions de professionnels. Parce qu'il est un lieu incontrounable de l'alimentaire, vous retrouverez prochainement un article complet sur ce poumon central de l'alimentaire !