Quand les légumes s'enracinent en ville

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Quand les légumes s'enracinent en ville

L’agriculture urbaine est un phénomène largement observé cette dernière décennie. Mais revenons tout d’abord à ce concept verdoyant (et c’est peu de le dire). Comme son nom l’indique, il s’agit de réintroduire progressivement des terres agricoles au cœur de la ville. Une utopie ? Non, un retour aux racines, une véritable envie de nous autres urbains.

Une pause végétale dans la ville           
L’intégration de ce nouveau paysage dans une zone urbaine implique bon nombre de retombées positives : d’un point de vue environnemental tout d’abord, puisque la qualité de l’air s’en trouve nettement améliorée, et les ilots de chaleur s’amenuisent. C’est aussi une façon de protéger la biodiversité, et d’intégrer certains insectes qui se trouvent menacés.               

D’un point de vue économique, c’est une excellente opportunité  de générer de l’emploi localement, et de permettre à un grand nombre de profiter d’un panier de fruits et légumes frais à un coût compétitif.
Sans oublier de mentionner l’aspect social, puisque ces espaces de verdures sont véritablement  créateurs de lien social, et génèrent des moments de convivialité et de partage.

Quand l’agriculture prend de la hauteur            
L’agriculture urbaine se traduit par une approche différente de l’agriculture rurale : en effet, elle se concentre généralement dans des zones plus limitées, et souvent plus atypiques : preuve en est le phénomène des potagers sur le toit. Le constat est là : les particuliers créent leur potager sur le balcon, les rebords de fenêtre mais aussi sur les toits ! Et cette initiative est désormais reprise par certaines entreprises, qui concilient ainsi vie professionnelle et moments de détente autour du potager pour leurs salariés. Tel est le cas de la Cité de l’architecture et du patrimoine, qui a mis en place en 2012, avec les Jardins de Gally, un potager à taille humaine sur sa toiture !

Un espace végétalisé et un potager ont été créés, ainsi que plusieurs ruches et maisons d’insectes qui y ont été installées. Une initiative qui permet de préserver les abeilles, cette  espèce menacée de disparition. Et de surcroit, cela profite aux salariés, puisque les butineuses fabriqueraient un miel en plus grande quantité en ville que dans les milieux ruralisés. Et pour cause, la ville est moins sujette aux pesticides que dans les campagnes environnantes.
Cette première aventure illustre parfaitement l’harmonie entre un environnement plus attrayant en ville, et une surface cultivable propice à la biodiversité.

Optimiser chaque mètre carré pour le rendre vert       
Maximiser la surface cultivable, c’est ainsi tout l’enjeu de l’agriculture urbaine. En ville, les parcelles favorables à un projet agricole sont restreintes, et nécessitent un aménagement conçu sur mesure.
Parfois encore, la terre n’est pas exploitable, car nocive. C’est de ce constat que sont partis les Jardins de Gally pour se lancer dans un nouveau et ambitieux projet : celui de réhabiliter une zone urbaine en friche. Au programme, une zone désaffectée du côté de Saint-Cyr l’Ecole, dans les Yvelines. Un terrain de moins de 3 hectares, avec pour objectif de redonner une valeur productive à la terre, permettant à terme la création de 3 emplois, et une production en cycle-court, avec un minimum d’intermédiaire.       

Dans ce cadre, le mode de production se réalise hors sol, dans des bacs et gouttières remplies de compost. Un moyen d’autant plus utile qu’il permet d’éviter les parasites présents dans la terre, et de produire des fruits et légumes biologiques.

Framboises, fraises, salades et tomates cerise sortiront de terre au printemps prochain. En prenant racines dans cette friche, le lieu illustre parfaitement le projet d’agriculture urbaine. Et si les premières productions s’annoncent au printemps, de nouveaux projets seront peut-être lancés parallèlement, pour permettre à la ville de retrouver des couleurs.