Quand les carottes, ces légumes oubliés, reprennent racines !

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Quand les carottes, ces légumes oubliés, reprennent racines !

De tous les légumes, la carotte n’est pas celui que l’on nomme spontanément. Souvent associée à des souvenirs d’enfance, pour beaucoup rappelant les crudités déposées sur le plateau de la cantine, la carotte n’a pas bonne publicité. Jugée très traditionnelle, elle est très souvent l’accompagnement d’un plat, rarement la star d’un met.

Pourtant, selon une étude menée par le Centre technique Interprofessionnel des Fruits et Légumes en juin 2013*, la carotte est à l’évidence un produit incontournable, et un produit qui nous veut du bien ! Sa couleur énergique, produite par la carotène, en est le premier signe. Ne dit-on pas que la « carotte donne la peau rose, et qu’elle rend aimable ? »

Toujours selon cette étude, les carottes de couleur, (autre qu’orange) apporteraient « renouveau, originalité et sophistication » aux consommateurs.
Le rendez-vous est donc pris, directement chez un producteur de la région, dont l’objectif est de remettre cette vieille variété au goût du jour. Rencontre avec Bernard Guidal, producteur dans les Yvelines.


Bernard Guidal est un amoureux de sa région, dans laquelle il produit légumes et céréales, sur près de 370 hectares.  Dans sa commune de Bouaffles, il reste les traces d’une production en carottes autrefois conséquente : les habitations de la commune sont pour la plupart construite avec une cave, ce qui permettait autrefois de conserver plus longtemps le précieux légume. Dans les années 60, avec l’industrialisation des méthodes agricoles, la production s’essouffle doucement, et s’oriente vers d’autres types de cultures, plus rentables.

Avec l'appui de son distributeur Terre Azur, Bernard Guidal décide de renouer avec la production de carottes. Ce passionné n’est autre qu’un ingénieux producteur, qui va permettre, il y a moins d’un an, de relancer la fameuse Carotte de Bouafles. Pour cette première année de récolte, la carotte est déclinée en différentes couleurs : orange bien sûr, mais aussi jaune, blanche et pourpre. Pour qu’elles poussent dans de bonnes conditions, Bernard explique qu’il faut savoir doser justement la semence : une semence trop drue trouble la poussée des carottes, se gênant  les unes- les autres.

Pour assurer la production de ses carottes, Bernard met en place un système de rotation des terres, permettant à celle-ci de s’aérer lors de la jachère. Et la particularité-même de la terre de Bouafles, si sablonneuse, permet à la carotte d’obtenir toute sa saveur. Ce qui  détonne en bouche varie selon le type de carotte : on dénote chez la carotte pourpre un gout plus prononcé et sucré, quand la carotte orange semble plus juteuse ! Des différences qui se remarquent également sur l’aspect, puisque la carotte blanche est par exemple bien feuillue. Autant de singularités qui poussent Bernard à les cultiver toutes les quatre, pour proposer aux consommateurs des légumes de prime abord semblables, mais finalement fondamentalement uniques !

Avec la résurrection de cette variété oubliée, Bernard s’est tout naturellement rapproché de Terre Azur, avec lequel il travaille depuis des années. C’est aussi de ce travail commun qu’est née la volonté commune de proposer à la restauration collective des légumes issus d’une production 100% locale. Une initiative lourde de sens, qui permet de revaloriser le légume, et de le faire découvrir ou redécouvrir aux Franciliens.
 
Pour plus d"informations sur Terre Azur, suivez le lien: saveursparisidf.com/site-grand-public

* Source : Etude sur la consommation de carotte en 2012, édition Ctifl juin 2013, menée par le CTIFL et France AgriMer.