Le déménagement du siècle – Mars 1969

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Le déménagement du siècle – Mars 1969

Le déménagement du siècle, c’est celui des anciennes Halles de Paris au Marché International de Rungis. Cinq jours de va-et-vient incessants, de camions, de chariots, de marchandises. Cinq jours pour transformer à jamais l’approvisionnement mondial des produits alimentaires français.

Souvenez-vous, dans notre article sur les Halles Centrales de Paris, était mentionnée la place prépondérante que prenait un tel marché au cœur de la capitale.          

Après la Seconde Guerre Mondiale, Paris se relève doucement et doit proposer un aménagement moins encombré pour prétendre à l’image d’une capitale mondiale. Pour des raisons évidentes de manque d’espace, et après 800 ans nichées au centre de la ville, les halles doivent ainsi être délocalisées.        

Un projet herculéen, pour un marché international     
La décision est prise en 1959, et les travaux sont lancés en 1964 et dirigés par Michel Debré, un ancien Premier Ministre. Des travaux qui vont durer 5 années, pour réaliser cette ville dans la ville, ce projet pharaonique. Ce ne sont pas moins de 30 bars/tabacs, 5 stations-service, une gare SNCF, un salon de coiffure, un centre médico-social et un commissariat qui sont construits. Sans compter les différents halls d’approvisionnement, classés par secteur de produits. Une ville de 234 hectares tout de même, et tout cela à moins de 7 kms de Paris !  Rungis sonne comme un air de renouveau économique, et est placé sur un axe stratégique au niveau routier, mais aussi ferroviaire. A cela s’ajoute bien sur tout l’aménagement du trafic, pour permettre d’accueillir environ 26 000 entrées quotidiennes sur le lieu.

Un déménagement qui ne passe pas inaperçu    
A l’issue des travaux, le déménagement est prévu fin février 1969. Les grossistes en fleurs coupées et producteurs de plantes en pot ouvrent le bal, pour rejoindre le jeudi 27 février le pavillon des fleurs. S’en suivent le lendemain les producteurs de fruits et légumes, le samedi les producteurs laitiers et le dimanche les produits de la mer, qui seront les derniers à quitter les Halles Centrales de Paris le 1er mars. Cinq jours de déménagement passés sans encombre, malgré un record absolu d’acteurs : 30 000 personnes, 10 000 mᵌ de matériel, 5 000 tonnes de marchandises et 1 500 camions. Rien que ça !

Des aménagements, encore et encore…   
Quelques années de travaux plus tard, et suite au  déménagement, le Marché International de Rungis (MIN) ouvre ses portes le lundi 3 mars 1969. La révolution de l’approvisionnement en produits frais est en marche. Elle prend un nouveau tournant en 1973, date à laquelle le marché de la viande auparavant installé à la Villette rejoint le MIN dans son propre pavillon. On parle dès lors du plus grand marché mondial de produits frais.

Des travaux qui se suivent et ne se ressemblent pas…   
Avec une telle superficie et un si beau projet, il aurait été dommage de s’arrêter en si bon chemin. C’est ainsi que le MIN de Rungis connait régulièrement des aménagements. Le marché est en innovation constante, répondant à une demande internationale.
Ainsi, pour consacrer le terroir francilien, le Carreau des Producteurs a été créé en avril 2004. Son objectif est de regrouper dans un même pavillon, la production en fruits et légumes d’Ile-de-France. Ce terroir francilien est le travail d’hommes et de femmes passionnés, qui s’agenouillent inlassablement sur la terre fertile d’Ile-de-France pour en cueillir des produits d’exception. Toute cette production se concentre désormais dans un seul et unique pavillon.
     
A l’avenir ?    
Vous l’aurez compris, le MIN de Rungis se qualifie parmi les précurseurs en matière d’innovation, et s’impose par sa superficie et son dynamisme. Deuxième pôle économique en Ile-de-France juste après La Défense, sa réputation n’est plus à prouver.Initiateur et audacieux, le MIN de Rungis prévoit de nombreux projets ces prochaines années.

Comment ne pas mentionner la participation de Rungis à la Cité de la Gastronomie. Un projet certes colossal, mais qui ne semble pas démesuré si l’on retrace l’évolution exponentielle du MIN… Une affaire à suivre !