L’alimentation des franciliennes et franciliens aujourd’hui - Décryptage de l’étude du CREDOC*

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L’alimentation des franciliennes et franciliens aujourd’hui - Décryptage de l’étude du CREDOC*

Le lundi 27 novembre 2017, lors du lancement du Concours de l’Innovation Alimentaire Région Île-de-France, Pascale HEBEL Directrice du pôle consommation et entreprise du CREDOC, a dressé en exclusivité le profil du consommateur francilien d’aujourd’hui et les tendances à horizon 2025. Ce portrait est la conclusion d’une enquête comparative menée à l’échelle du territoire en 2016 portant sur les attitudes et comportements alimentaires des ménages en France et en Île-de-France.

L’alimentation des franciliens a beaucoup évolué depuis 2007
Au cours de la période étudiée (2007-2016), certains facteurs sont venus modifier de façon significative les comportements alimentaires des franciliens comme de tous les français. Une crise financière, économique et sociale les a touchés entre 2008 et 2014, entrainant la baisse de leur pouvoir d’achat. Dans le même temps, il ressort une évolution constante du taux d’équipement en téléphone, ordinateurs et Internet à domicile. Une société française de plus en plus connectée qui n’est pas sans incidences sur les modes de consommation de ses habitants.

La consommation des franciliens à l’image de leur mode de vie
Si l’enquête confirme qu’à chaque génération, son alimentation (la génération de 1917-1926 mange plus de fruits, et celle de 1987-1996, plus de sandwichs) il est évident que l’alimentation des franciliens a nettement évolué depuis 2007 et se distingue par des tendances lourdes et précises. Les franciliens consomment plus de sandwichs, riz, pizzas, volailles, poissons et plats composés que les autres. La consommation de pâtes et sodas a d’ailleurs connu une hausse très importante en dix ans. Celle des volailles, pizzas et sandwichs a été multipliée par deux ! Les franciliens recherchent ces produits car moins chers et plus pratiques à consommer à l’extérieur. En revanche, la consommation de pains, pâtisseries, pommes de terre, soupes et charcuteries a diminué en dix ans. Concernant les boissons, les franciliens consomment plus de sodas, de jus et de lait nature que les autres ménages du territoire et moins d’eau et de boissons chaudes.

Typologie du consommateur francilien
Avec la métropolisation et la hausse du temps de transport, 28% des franciliens, majoritairement âgés de 18 à 34 ans, sont des consommateurs pressés et recherchent des plats tout près et facile à cuisiner (contre 18% pour le reste du territoire national). 14% des franciliens ayant le même âge sont considérés comme des consommateurs globalisés c’est-à-dire consommant essentiellement des produits tels que le lait, les céréales, les jus de fruit mais également du riz, du poisson et des pâtes.
A la différence, la francilienne et le francilien sont moins « snackeurs » que les autres français (consommateurs de fruits secs, biscuits salés et produits sucré),  moins « bons vivants » (consommateurs de boissons alcoolisées, de pommes de terre et de viande) et sont sous représentés dans la catégorie « intermédiaires » (consommateurs d’ultra-frais laitiers et de soupes).

Le consommateur francilien a plusieurs visages
Si la population francilienne prend plus souvent ses déjeuners à l’extérieur en semaine, de plus en plus d’habitants de l’Île-de-France déclarent aimer cuisiner au quotidien. En dix ans, le développement des petits commerces et la diversification des points de vente ont aussi modifié la façon d’acheter des franciliens. Ils font les courses plus souvent et dans des lieux plus variés. Les habitants d’Île-de-France sont plus nombreux que les provinciaux à fréquenter les marchés, hard discounts, commerces spécialisés et magasins de surgelés. 24% d’entre eux font leurs courses en vente directe producteur. En revanche, ils sont moins nombreux qu’en province à acheter sur Internet et en drive.

Qu’est-ce que bien manger ?
À la question « Pour vous, qu’est-ce que bien manger ? », les ménages de l’hexagone s’entendent pour dire que bien manger revient à manger équilibré. Mais leurs avis divergent ensuite. Pour les franciliens, peu d’évolution en dix ans. Bien manger revient à manger à des heures de repas régulières, à éviter le gras, le sucre et le sel et à consommer des fruits et légumes. Pour les autres, l’important est de consommer des produits qui ont du goût et de se faire plaisir. Pascale HEBEL explique que, malgré cette envie de bien manger, les jeunes générations  consomment trois fois moins de fruits que leurs grands-parents. Il est possible d’imaginer que cette baisse de consommation est due aux produits commercialisés qui ne sont adaptés au mode de consommation d’aujourd’hui. En France, l’offre de fruits coupés reste très faible.

Une attention forte portée aux aliments et produits
Les franciliens sont incités à acheter un produit alimentaire pour plusieurs raisons. En dix ans, leur première motivation est restée la même : ils recherchent un produit présentant des garanties d’hygiène ou de sécurité. Un produit fabriqué en France est également source de motivation à l’achat pour 86% d’entre eux. La population francilienne fait également de plus en plus attention aux aliments qu’elle consomme, c’est pourquoi 76% des sondés (contre 61% en 2007) estiment qu’un produit avec une étiquette ou un emballage apportant des informations très complètes incite à l’achat.

Trois tendances se dessinent à horizon 2025
Le profil du consommateur francilien est multiple et varie selon l’âge, la situation socio-professionnelle et personnelle. Le francilien est davantage présent dans la catégorie « célibataires campeurs » consommateur de la restauration rapide au déjeuner et au dîner, « adeptes de la nutrition  », c’est-à-dire en recherche d’équilibre alimentaire et « cordons bleus », regroupant celles et ceux aimant cuisiner au quotidien, sensibles aux produits français et locaux ainsi qu’aux nouveautés. Trois catégories mettant en avant les trois tendances lourdes à venir pour 2025 : « le prêt à manger », « l’alimentation santé et bien-être » et la « proximité ».

 

*Etude CREDOC 2017 (Résultats de l’enquête CCAF 2016)  pour le CERVIA