L'Île-de-France céréalière: Une moisson de nouvelles initiatives

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L'Île-de-France céréalière: Une moisson de nouvelles initiatives

L’Île-de-France est une terre historiquement agricole. Près d’un tiers des 1 300 communes de la région sont implantées en zone rurale et les surfaces agricoles représentent plus de 48% du territoire. Paris, en son centre, en fait une région capitale. A seulement quelques kilomètres des villes, de vastes étendues aux reliefs diversifiés voisinent plaines, vallées et champs à perte de vue. Au cœur de ce bassin de 12 millions de consommateurs, les cultures céréalières et moulins occupent une place déterminante.

Le retour aux sources

Parce qu’innovation n’est pas toujours synonyme de nouvelles technologies, des agriculteurs franciliens prêchent un retour aux fondamentaux comme solution de protection des cultures et de l’environnement. Christophe Naudin, céréalier en Essonne et Président de l’APAD du Sud Bassin Parisien, prône une agriculture de conservation. Après avoir repris l’exploitation familiale en 2013, il décide d’arrêter totalement le travail sur ses sols et de pratiquer le semis direct.

Pour favoriser le développement de la biodiversité, structurer et enrichir la terre, il maintient les résidus des cultures en surface et implante des couverts végétaux entre chaque culture. Ludovic Joiris, agriculteur à Corbreuse, en Essonne, partage ces pratiques. Depuis plus de vingt ans, il pratique le non-labour sur ses cultures et observe de réels changements : la structure du sol stocke plus d’eau et de matière organique au niveau des racines, la biodiversité augmente nettement…Des résultats qui encouragent les deux agriculteurs à poursuivre dans cette voie.

La diversification, source d’innovation

La diversification est monnaie courante sur les exploitations céréalières. Quelles qu’en soient les raisons (un revenu complémentaire, une nouvelle approche du métier ou une meilleure maîtrise des débouchés) les agriculteurs franciliens innovent par leur choix de culture. Nicolas Dufour, producteur à Champmotteux en Essonne, s’est lancé depuis presque 5 ans dans la culture du chanvre, en complément de ses cultures céréalières. Une volonté née d’une envie de valoriser une filière de qualité, encore peu présente sur le territoire. Associé à 6 autres agriculteurs créateurs, ils tissent une filière locale et qualitative, destinée au secteur de l’habitat responsable.

Plus à l’est, à la Ferme des Sueurs, Eloïse Legrand fait des projets pour l’exploitation familiale. Après avoir repris l’exploitation, exclusivement céréalière, elle a souhaité diversifier la production en y implantant un élevage de volailles en plein air, complémentaire des cultures. Une approche différente de son métier, qui assure la relève de la nouvelle génération d’agriculteurs !

L’essor des microbrasseries franciliennes

Porté par l’engouement des consommateurs pour les productions locales, les brasseries artisanales se multiplient en Ile-de-France. Depuis les années 2000, un vent de nouveautés souffle sur l’univers brassicole, porté par une vague venue d’outre Atlantique. Un phénomène qui a débuté aux Canada et aux Etats-Unis à la fin des années 70, pour vite se propager en France, où le nombre de brasseries a doublé en 5 ans, pour atteindre le nombre de 900. En Ile-de-France, ce sont plus d’une quarantaine d’établissements qui sont en activité aujourd’hui. Denis Sargeret, céréalier dans le Val-d’Oise, diversifie sa production céréalière en orge brassicole. La brasserie du Vexin produit à ce jour 3 bières* : une ambrée, une blonde et une blanche. La totalité de l’orge transformée est produite sur l’exploitation. Un argument proximité qui ne laisse pas indifférent les consommateurs ayant soif de local ! En Seine-et-Marne, la famille Rabourdin a lancé la bière de Brie*. Un moyen de diversifier leur production, historiquement céréalière. Aujourd’hui, la brasserie produit 3 500 hectolitres par an, soit un million de bouteilles. Un chiffre en hausse face à un engouement croissant.

* L’abus d’alcool est dangeureux pour la santé, à consommer avec modération.